L’art de jouer pour faire émerger des solutions : Lego serious play

Le Lego Serious Play, une méthode d’intelligence collective visant la résolution de problématiques d’entreprise, existe depuis une vingtaine d’années. Encore peu utilisée en France, elle réunit pourtant plusieurs avantages puisqu’elle permet de faire travailler des collaborateurs ensemble via le jeu et de faire émerger des solutions de manière très rapide.

Le Lego® Serious Play®, une méthode d’intelligence collective visant la résolution de problématiques d’entreprise, existe depuis une vingtaine d’années. Encore peu utilisée en France, elle réunit pourtant plusieurs avantages puisqu’elle permet de faire travailler des collaborateurs ensemble via le jeu et de faire émerger des solutions de manière très rapide. Eclairage.

Tout commence au Danemark dans les années quatre-vingt-dix. La pérennité de la société Lego est menacée par une concurrence de plus en plus vive, celle des jeux vidéo. Aucune des méthodes traditionnelles de réflexion stratégique utilisées n’apporte de réponse intéressante. L’équipe décide alors d’utiliser les Lego pour trouver des solutions de développement innovantes, le résultat est plus que satisfaisant. Après plusieurs années de travaux de recherche conjointement avec l’Ecole de Commerce de Lausanne, l’entreprise lance officiellement une méthode, le Lego® Serious Play® qui s’appuie sur les travaux de chercheurs de l’ImagiLab de Lausanne et du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Aujourd’hui pour utiliser cette méthodologie structurée et complexe, le facilitateur suit une formation de cinq jours à l’issue de laquelle il obtient une certification.

Du jeu comme outil d’élaboration de la pensée

Un atelier commence toujours par ce que l’on appelle les « skills buildings », pour familiariser les participants, six à huit personnes, à l’utilisation des Lego. Chacun reçoit un kit identique comprenant des blocs, des figurines, des décors. Il construit par exemple, ce qui le motive au travail. « Le Lego Serious Play se base sur l’intelligence des mains, non pas sur le mental. L’utilisation de nos mains permet un accès direct à l’expression et à la créativité » explique Anne Schombourger, consultante en intelligence collective, spécialiste du savoir travailler ensemble. A l’issue de chaque séquence les participants présentent leurs constructions au groupe. Un nouveau langage se créé : notre cerveau est bien plus apte à mémoriser des représentations 3D, des objets, du sensoriel que de simples échanges verbaux. Et le jeu efface rapidement les barrières de communication.

Des scénarios construits sur mesure

Récemment le dirigeant d’une entreprise possédant deux startups s’interrogeait sur la pertinence d’une fusion des deux entités. Il voulait mener cette réflexion en mode collaboratif et ludique, pour donner à chacun la possibilité de s’exprimer. Anne Schombourger, l’a interrogé pour cerner ses attentes et élaborer un scénario sur mesure pour l’atelier. En l’occurrence il s’agissait de déterminer l’identité de la future structure rassemblant les deux sociétés.

Le scénario comprend toujours une succession de séquences très courtes (de 2 à 10 mn). Pour cette entreprise dans le domaine de l’environnement, les participants ont construit individuellement les activités qu’ils menaient dans leur service (organisation de réunions, gestion du site web, relations clients, veille juridique, etc) puis sélectionné l’activité la plus porteuse pour la nouvelle structure. Les activités les plus porteuses, une par participant, ont été disposées sur une grande plaque collective. Pour donner une cohérence à l’ensemble une étape de travail collaboratif s’est alors engagée. En une demi-journée, les grandes lignes de la nouvelle entité ont pris forme. Au final les participants auront découvert les activités des autres, la place de leur service et le visage de la future société.

Des maitres mots : concentration, collaboration, écoute

C’est bien là que réside le principal atout de cette méthode : aborder des thèmes complexes en un temps restreint. Le tempo rapide des séquences favorise la concentration, il s’avère stimulant sans pour autant générer de stress car le participant est entièrement tourné vers sa construction. Les briques sont mobiles à l’image de la pensée et les collaborateurs retrouvent cette joie de l’enfance consistant à agir avec les mains. « Lors d’un comex, l’une des dirigeantes s’amusait d’annoncer à ses petits-enfants qu’elle avait travaillé avec des Lego » témoigne Anne Schombourger. Autre point fort de la méthode, elle suscite l’engagement de chacun, les participants s’écoutent et bâtissent ensemble, tout en s’affranchissant de la question de la hiérarchie ou des frontières culturelles. Lorsque le scénario le prévoit, les participants repartent avec un plan d’actions à mener et des échéances pour leur réalisation. Qu’il s’agisse de créer un nouveau produit ou service, d’élaborer une stratégie, de définir une cible de clients ou de favoriser la cohésion d’équipe, cette méthode peut s’employer à condition de travailler avec un professionnel expérimenté.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.