Peut-on faire confiance aux sites de notation des entreprises par les employés ?

Les plateformes de notation d’entreprises permettent aux salariés de donner leur avis sur leur employeur et d’attribuer une note à ce dernier, selon différents critères.

Peut-on noter son employeur comme on note un restaurant ou un hôtel ? C’est la promesse affichée par des plateformes telles que Glassdoor. Mais dans les faits, cette ambition se heurte à plusieurs obstacles, dont quelques limites à la liberté d’expression en ligne.

Elles s’appellent ChooseMyCompany, Figaro Insiders, ou encore Glassdoor – certainement la plus célèbre à l’heure actuelle. Ces plateformes de notation d’entreprises permettent aux salariés de donner leur avis sur leur employeur et d’attribuer une note à ce dernier, selon différents critères. Des outils utiles, aux collaborateurs donc, mais également aux organisations, qui peuvent y voir tant une menace qu’une opportunité pour leur réputation en ligne.

Mais quel crédit accorder à ces sites de notation des entreprises par les employés ? Plusieurs signaux incitent à traiter leurs données avec prudence…

Vision subjective

En premier lieu, il convient de s’interroger sur la fiabilité des avis exprimés. Car quels sont les individus les plus enclins à partager leur opinion ? Probablement ceux en conflit avec leur employeur, des candidats non retenus après un entretien d’embauche, ou encore d’anciens salariés mécontents. La plateforme de notation peut alors jouer le rôle de miroir déformant, où les retours d’expérience négatifs occupent une place majoritaire.

Ce travers a conduit certains sites à la fermeture, à l’image de NoteTonEntreprise.com, attaqué par une entreprise qui dénonçait l’absence de droit de réponse pour les employeurs. Les responsables ont alors été contraints de mettre fin à leur aventure et ont même été pénalement condamnés pour défaut de mentions légales.

« Bourrage » d’avis positifs

À l’inverse, une avalanche de commentaires élogieux sur une entreprise peut également éveiller les soupçons. En effet, comme nous l’évoquions en introduction, les organisations mesurent désormais le poids des plateformes de notation. Et elles n’hésitent pas à s’en servir à leur avantage.

Ainsi, comme le révèle une enquête du Wall Street Journal, plusieurs entreprises encouragent leurs employés à rédiger un avis sur Glassdoor, certaines allant jusqu’à les pousser pour obtenir des critiques positives, quitte à leur promettre une récompense en retour. L’article donne l’exemple d’une société de prêts hypothécaires, Guaranteed Rate, qui affichait une note moyenne de 2,6 sur 5 durant l’été 2018. Quelques mois plus tard, la page dédiée à l’entreprise se voyait inondée d’avis à 5 étoiles, faisant alors passer son évaluation à 4,1 sur 5.

Une pratique à la limite des règles d’utilisation de Glassdoor. D’autres employeurs franchissent, eux, complètement la ligne jaune, en achetant des faux commentaires. Cependant, la plateforme américaine affirme lutter contre ces abus, grâce à des algorithmes de détection automatique et à des modérateurs humains. Un dispositif qui lui permettrait de supprimer 5 à 10 % des critiques envoyées. Mais pour quelle proportion de faux avis passant entre les mailles du filet ?

Liberté d’expression vs obligation de loyauté

Il convient donc de prendre du recul quant à la sincérité des opinions publiées sur des sites tels que Glassdoor. Mais après tout, les salariés sont-ils totalement libres d’exprimer leur point de vue sur leur employeur ?

En réalité, pas vraiment. Car s’ils jouissent de leur liberté d’expression, celle-ci se heurte également au devoir de loyauté envers leur employeur. Dans un article publié sur le site des Echos, Yann-Maël Larher, avocat spécialiste du droit social, rappelle l’exemple d’un directeur artistique travaillant au sein d’une agence de communication. Ce dernier avait été licencié pour faute grave, après un avis négatif publié sur un site de notation. Une décision confirmée par les cours d’appel et de cassation, les juges ayant retenu le « caractère excessif du message », accessible à tous, ainsi que des termes qualifiés de « déloyaux » et « malveillants à l’égard de l’employeur ».

L’arroseur arrosé

En définitive, il est impossible d’avoir l’assurance qu’un témoignage publié sur une plateforme de notation d’entreprises reflète parfaitement la réalité. Les avis laissés par les employés peuvent toutefois être utiles, en les recoupant et en identifiant les atouts et les points faibles qui reviennent le plus souvent au sujet d’une entreprise. En revanche, il paraît peu pertinent de ne s’attarder que sur les notes moyennes ou sur les « labels » accordés par certaines plateformes. D’ailleurs, ces dernières n’échappent pas non plus aux sites de notation. Glassdoor fait ainsi l’objet d’une évaluation sur la plateforme de gestion d’avis Trustpilot, pour une note moyenne de… 1,2 sur 5.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.