Les bénéfices d’une expérience entrepreneuriale pour un employé

Par choix ou par contrainte, certains entrepreneurs se dirigent vers le monde du salariat. Mais sur le marché du travail, ces profils peuvent être considérés comme présentant des risques

Par choix ou par contrainte, certains entrepreneurs se dirigent vers le monde du salariat. Mais sur le marché du travail, ces profils peuvent être considérés comme présentant des risques. Pourtant, ils possèdent des atouts précieux pour une société…

Bien entendu, les points abordés ci-dessous brossent un portrait général du créateur d’entreprise. Or, chaque aventure entrepreneuriale est unique en son genre. Chaque individu en ressort donc avec des leçons et des compétences différentes. Néanmoins, ces qualités se retrouvent chez un grand nombre d’entrepreneurs, de façon plus ou moins marquée.

Des qualités variées, des hard skills aux soft skills

1.     Une grande diversité de savoir-faire

Tout au long de la vie de son entreprise, le fondateur a été amené à travailler dans de multiples domaines : stratégie, marketing, recrutement, management, finance… Autant de volets essentiels pour gérer des projets d’envergure. Mais pour un entrepreneur en reconversion, cela peut aussi représenter une difficulté dans sa recherche d’emploi. Il peut en effet être perçu comme un « touche-à-tout », sans expertise. Si sa polyvalence constitue un atout, il a donc aussi intérêt à mettre en avant quelques compétences spécifiques.

2.     La créativité comme moteur

Bien sûr, cette qualité dépend du type d’entreprise créée et se révèle davantage dans le cadre de startups ou de projets artistiques. Mais de manière générale, un entrepreneur a pour objectif d’identifier une problématique claire et d’y apporter une solution pertinente, voire innovante. Une telle ambition fait donc nécessairement travailler l’inventivité de celui qu’on ne nomme pas par hasard un « créateur ».

3.     Une aisance dans les relations humaines

Un chef d’entreprise est rarement seul dans son aventure et ses relations vont généralement bien au-delà de sa propre équipe. Pour mener à bien un projet, il lui est en effet indispensable de s’entourer : clients, partenaires, mentors, investisseurs… Au fil de son expérience, il a donc pu développer à la fois ses qualités relationnelles et son réseau professionnel, les deux pouvant ensuite bénéficier à son nouvel employeur.

4.     Une motivation à toute épreuve

La vie d’un entrepreneur est irrémédiablement faite de hauts et de bas. Mais même dans les moments de creux, le fondateur sait garder la tête hors de l’eau et communiquer son énergie auprès de ses équipes.

5.     Le sens des responsabilités

En tant que leader, le créateur a conscience que ses choix ont une incidence directe sur la survie de sa société. Il sait donc prendre des décisions et les assumer, avec les risques qu’elles engendrent. Il a donc probablement acquis une certaine assurance, qui lui permettra de mener une nouvelle équipe.

6.     La résilience et la capacité d’adaptation

Le parcours d’une société est jonché d’obstacles, voire d’échecs. Dans ces conditions, l’entrepreneur est capable de faire face aux imprévus, de s’adapter et de trouver la meilleure solution pour rebondir. Sa persévérance peut, par exemple, le conduire à faire pivoter sa proposition de valeur ou son modèle économique, afin de transformer la mésaventure en opportunité business. Un avantage indéniable pour gérer les crises qui peuvent subvenir dans n’importe quelle organisation.

Et si les péripéties l’ont conduit à mettre la clé sous la porte, il a certainement su tirer les leçons de ces échecs, mais aussi des réussites enregistrées, et en analyser les raisons. Ce qui lui confère une expérience précieuse pour la suite de sa carrière.

Comment manager un profil entrepreneurial ?

Cependant, pour bénéficier à plein des qualités de l’entrepreneur devenu employé, il est préférable d’adapter son management.

Car, en premier lieu, un tel profil a généralement besoin d’une certaine liberté pour s’exprimer. Il ne faut toutefois pas tomber dans une vision excessive du statut, que l’on imagine parfois totalement affranchi de limites. En réalité, quelles que soient sa nature ou sa taille, une société a toujours des contraintes : clients, délais, budgets… Par conséquent, il est tout à fait possible de fixer un cadre à l’employé, tout en gardant une certaine souplesse. Le plus important est plutôt de savoir donner des objectifs clairs, en laissant une véritable autonomie au collaborateur quant aux moyens de les atteindre, et de le juger sur les résultats obtenus.

Par ailleurs, un ancien entrepreneur peut très bien avoir envie de « replonger »… Pourquoi ne pas lui donner la possibilité, dans ce cas, de s’exprimer au sein de l’organisation ? Avec l’intrapreneuriat, le salarié peut exploiter sa fibre entrepreneuriale, en développant un projet innovant qui profite à son employeur. En ce sens, cela peut représenter le meilleur compromis pour satisfaire toutes les parties.

Cela étant dit, comme évoqué plus haut, chaque entrepreneur a façonné sa propre expérience et peut donc avoir ses propres aspirations. Pour un management pertinent, il convient donc de comprendre ce qu’il a traversé et ce qu’il souhaite désormais pour son avenir professionnel. Pourquoi a-t-il quitté l’entrepreneuriat ? Que cherche-t-il à présent dans le salariat ? C’est grâce à des relations professionnelles centrées sur l’écoute que le collaborateur pourra véritablement considérer sa nouvelle entreprise comme la sienne.