L’obstructionnisme, une forme de comportement toxique à ne pas négliger

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L’obstructionnisme, une forme de comportement toxique à ne pas négliger

20 juillet 2023

Qui n’a jamais constaté qu’il était toujours demandé dans les organisations aux mêmes personnes de rendre service et que les individus qui rechignaient à aider pouvaient tranquillement continuer leurs activités sans être ennuyés ? Qui, en cas de besoin imprévu, n’a pas sollicité en priorité certains collègues qui accepteraient à coup sûr d’aider et laissé de côté les autres de peur d’essuyer un refus ?

Dans les organisations, il existe des besoins qui ne rentrent pas dans le cadre des missions officielles de ses membres. Ils dépendent donc de la bonne volonté des personnes sollicitées. Quand l’ensemble des membres de cette organisation se prête au jeu, il n’y a aucun problème. Mais la situation peut aussi s’avérer très différente.

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Généralement, la première demande d’aide est adressée à l’ensemble des collègues et reçoit trois grandes catégories de réponses :

  • Les réponses affirmatives ou négatives pour des raisons valables (absences, autres missions au même moment…) ;
  • Les réponses négatives sèches et désagréables pour montrer que la demande dérange ;
  • L’absence de réponse.

Si de nouveaux besoins d’aide apparaissent, la personne en recherche de soutien sollicite alors seulement les personnes de la première catégorie et laisse de côté les deux autres. On constate ainsi que ce sont toujours les mêmes personnes qui sont sollicitées et qui rendent service alors que les autres ne sont jamais dérangés. Difficile de ne pas y voir une sorte d’injustice et une prime à la mauvaise volonté et aux stratégies d’obstruction.

En 2002, les chercheurs Delroy L Paulhus et Kevin M Williams ont mis à jour l’existence de trois grands comportements toxiques en entreprise (la « Dark triad » en anglais). Le narcissisme renvoie à des personnalités mégalomanes et manquant d’empathie. Le machiavélisme se caractérise par la manipulation et l'exploitation des autres. Enfin la personnalité psychopathe se distingue par sa volonté de dépasser les règles et par une absence de remords et un égoïsme exacerbé. Mais le comportement que nous évoquons ici est différent même si c’est sans doute du machiavélisme qu’il se rapproche le plus. De fait, c’est un comportement qui n’a semble-t-il encore jamais été étudié. Certains observateurs pourraient l’assimiler au concept de « passager clandestin » théorisé en 1965 par l’économiste américain Mancur Olson. Le passager clandestin est pourtant différent dans la mesure où il renvoie à un individu qui profite des résultats d’un effort collectif sans y participer lui-même. Ici, il s’agit plus d’une sorte de mise en retrait, d’une sorte d’obstructionnisme ou d’attitude négative, pour ne pas être dérangé en cas de besoin. Elle peut d’ailleurs être plus ou moins ouverte et consciente. C’est une stratégie qui va décourager les personnes qui pourraient vous solliciter et vous demander de l’aide.

Le problème réside dans le fait que ces stratégies créent des inégalités entre les personnes et que le laisser-faire envoie de mauvais signaux. Aux personnes de bonne volonté qui réalisent vite que leur disponibilité leur prend du temps en comparaison aux autres. Aux personnes obstructionnistes qui constatent que leur stratégie se révèle payante et qu’ils peuvent donc continuer d’agir de la sorte. Au-delà de l’identification de ce type de besoins et de comportements, la question consiste, pour un manager, à savoir comment les gérer, et idéalement les éviter. S’il semble raisonnable de penser qu’un besoin qui nécessite de manière régulière que des personnes rendent service soit assigné à des personnes clairement identifiées, la réalité des organisations est plus complexe : elles font constamment face à ces besoins inattendus et tout ne pas être réglementé. Finalement, il faut donc surtout que les managers soient conscients et aient connaissance de ce type de situations. Puis qu’il monte au front pour faire en sorte que les efforts soient partagés par tous et que les personnes de bonne volonté soient valorisées et récompensées pour leur aide. Et finalement, que cette valorisation soit connue de tous. Pour que les personnes positives puissent penser qu’elles ont raison d’être ainsi. Et que les obstructionnistes sentent que tous, au sein de leur organisation, sont conscients de leur stratégie et que celle-ci les dessert.