Process Com : un outil pour mieux communiquer au travail

Dans la famille des tests de personnalité employés en entreprise, après le MBTI, je voudrais la Process Com ! Bonne pioche ?

Dans la famille des tests de personnalité employés en entreprise, après le MBTI, je voudrais la Process Com ! Bonne pioche ?

À l’instar du MBTI, le Process Communication Model (PCM), abrégé en “Process Communication” et en “Process Com”, est utilisé par de nombreuses entreprises, à des fins de recrutement ou de management. L’outil vise en effet à mieux comprendre le fonctionnement de chacun, afin de pouvoir adapter sa communication. Comment fonctionne la Process Com ? Quelles différences avec le MBTI ? Zoom sur un modèle à l’histoire plutôt récente…

Process Com, origines

Il suffit de remonter à peine 50 ans en arrière pour trouver le point de départ du PCM. C’est un psychologue américain, Taibi Kahler, qui développe la théorie au début des années 1970, après une demande… de la NASA. L’agence spatiale américaine compte alors sur ses travaux pour optimiser le recrutement de ses astronautes et veiller à ce que ces derniers entretiennent de bonnes relations.

Kahler s’appuie alors sur son expertise en analyse transactionnelle et sur son observation des interactions entre les individus pour mettre en évidence six types de personnalité. C’est cette classification qui constitue aujourd’hui la théorie fondamentale de la Process Com.

Les 6 types de personnalité du PCM

Doit-on en déduire que le modèle est moins précis que le MBTI, qui comprend 16 catégories ? En réalité, la Process Com cherche davantage à nuancer sa classification. Ainsi, un individu ne se voit pas attribuer une seule étiquette. Il les possède toutes, mais à des degrés différents.

En général, le résultat est fourni sous la forme d’un « immeuble » de six niveaux. Le rez-de-chaussée, appelé « base », représente la personnalité principale du sujet, qui lui vient généralement de l’enfance. Tous les autres étages, nommés « phases », jouent également un rôle (qui peut varier en fonction du temps), du plus influent, au premier niveau, au moins important, au dernier.

Quels sont les six types de personnalité du PCM ? Voici leurs intitulés, accompagnés de quelques traits caractéristiques :

  • Travaillomane : organisé et logique, il accorde une grande importance aux raisonnements et aux faits. Appréciant les tâches de synthèse et d’analyse, il peut également avoir tendance au perfectionnisme.
  • Persévérant : observateur et consciencieux, il est particulièrement attaché aux convictions et aux opinions. Il a besoin de se sentir digne de confiance.
  • Empathique : sensible et tourné vers les autres, il s’épanouit principalement dans ses relations sociales. Cherchant à être apprécié pour ce qu’il est (et non ce qu’il fait), il peut avoir du mal à supporter la pression.
  • Rêveur : calme et réfléchi, il possède une grande capacité d’imagination. Affectionnant la solitude, il est à l’aise dans les tâches nécessitant une créativité soutenue, avec des interactions sociales limitées.
  • Rebelle : énergique et créatif, il a tendance à multiplier les contacts, notamment pour chasser l’ennui. Spontané, il n’hésite pas à exprimer son ressenti, sans toujours mettre les formes.
  • Promoteur : dynamique et persuasif, il a un grand besoin d’action. Il aime relever des défis, prendre des risques et des responsabilités.

Il convient toutefois de noter que les présentations ci-dessus ne brossent qu’un portrait rapide des six types de personnalité. Ceux-ci sont davantage détaillés sur le site francophone du PCM.

Lire aussi : MBTI : Quelle utilité dans le monde du travail

Process Communication : quelle utilité dans la sphère professionnelle ?

Comme tout test de personnalité, la Process Com permet d’abord de mieux se connaître soi-même. En comprenant davantage son propre fonctionnement, un individu est ainsi plus à même de repérer ses sources d’inconfort et de travailler pour les atténuer.

Mais au-delà de ces considérations personnelles, le modèle vise, comme son nom l’indique, à améliorer la communication. Cela peut être le cas entre collègues, mais également entre un manager et ses équipes. Car lorsqu’on sait comment fonctionne un collaborateur, il devient plus facile d’adapter sa communication, verbale et non verbale, afin d’entrer davantage en résonance avec lui. Dans l’objectif, non pas de le manipuler, mais d’adopter des mots et des gestes qui lui permettent d’être à l’aise lors des échanges.

Les limites de Process Com

Une nouvelle fois, puisqu’il s’agit d’un test de personnalité, le PCM en présente également les travers. Ainsi, le modèle repose sur un large questionnaire, et donc sur les déclarations du sujet. À l’image du MBTI, la procédure officielle implique néanmoins également un échange avec un professionnel certifié, afin de vérifier les résultats obtenus lors du test.

Cependant, quel crédit apporter à cette évaluation dans un contexte professionnel ? Par exemple, pendant un processus de recrutement, un candidat répondra-t-il vraiment en toute sincérité ? N’aura-t-il pas plutôt tendance à chercher les « bonnes » réponses, afin de plaire à son futur employeur ? En réalité, plusieurs biais peuvent influencer les résultats, notamment de désirabilité sociale et de conformité (voir l’article MBTI : les limites du modèle).

Par ailleurs, se pose encore la question de la pertinence de ranger les individus dans des cases. Même si la Process Com entend nuancer sa classification, ses étiquettes suffisent-elles à traduire la complexité humaine ? D’autant que leurs intitulés prêtent parfois à débat. Par exemple, le néologisme “travaillomane” semble induire une notion de dépendance au travail, qui convient rarement aux individus concernés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la version anglaise du modèle a remplacé le mot “workaholic” par “thinker” (“penseur”), qui paraît plus conforme à sa description. Comme le MBTI, la Process Com ne constitue donc pas une baguette magique permettant de décrypter parfaitement la nature humaine. Le modèle peut toutefois s’avérer utile si l’on s’en sert pour ce qu’il est : une clé de lecture aidant à mieux comprendre les ressorts de la communication entre individus.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.