Mathieu Thomas

Champion paralympique et consultant expert des questions d’inclusion en entreprise.

Ils sont conférencier, consultant, responsable de mission handicap, entrepreneur, digital worker… et tous réussissent dans leur job. Pour eux, le handicap n’est pas un obstacle à leur épanouissement. Au contraire. Sans être des activistes forcenés, ils s’engagent tous à leur manière en faveur d’une société plus inclusive.

Champion paralympique et consultant expert des questions d’inclusion en entreprise.

Quand il se présente, Mathieu Thomas n’y va pas par quatre chemins ! « A 17 ans, on me diagnostique un cancer. Les médecins sont obligés de me sacrifier le nerf crural et une partie du muscle ilio-psoas de la jambe droite. Je sors victorieux de cette épreuve, mais handicapé », attaque-t-il tout de go. Privé de son quadriceps droit, il doit, après de longs mois de récupération et de rééducation, s’adapter pour revivre sa passion : le sport.  “Cherchant de nouveaux challenges sportifs plus adaptés à mon handicap, je me lance dans le para badminton en 2015 et remporte dès ma première année, plusieurs nationaux et internationaux”, résume-t-il. Voilà pour le contexte. On l’aura compris Mathieu Thomas n’est pas du genre à s’en laisser compter. Handicap ou pas, il débute une vie professionnelle sur les chapeaux de roue. D’abord créateur d’une appli anti-cadeaux inutiles, il enchaine avec des postes de product owner dans différentes entreprises. Mais l’arrivée de jumeaux dans sa petite famille a finalement raison de sa triple vie d’athlète de haut niveau, de salarié et de père investi. “J’ai donc mis un stop à ma vie de salarié pour me lancer comme consultant indépendant”, raconte-t-il.

Au quotidien, il met donc à profit son expérience du haut niveau mais aussi sa connaissance du monde du handicap pour faire changer les regards et les mentalités sur le sujet. En costume ou en short, il intervient ainsi dans les boites pour des conférences, des actions de sensibilisation mais aussi du team building sur le para-badminton. “J’apprends sur le tas. Comme dans un one man show, je teste des choses en live. Si ça marche, je les conserve, sinon, je les change. Transmettre et partager mon expérience de vie enfouie me fait un bien fou. Aider les autres, ça m’aide car c’est valorisant. C’est une sorte de thérapie !”, précise le jeune homme qui vit à 100 à l’heure. L’arrêt des compétitions dans son sport de prédilection depuis mars 2020 lui laisse un goût amer. Mais comme à son habitude, Mathieu Thomas ne se laisse pas abattre et maintient le cap sur Tokyo 2021 et Paris 2024.

Portrait écrit par

Sylvie Laidet