Sonia Otmani Mettidji

Responsable de la mission handicap Edenred et présidente de l’association Hangagés

Ils sont conférencier, consultant, responsable de mission handicap, entrepreneur, digital worker… et tous réussissent dans leur job. Pour eux, le handicap n’est pas un obstacle à leur épanouissement. Au contraire. Sans être des activistes forcenés, ils s’engagent tous à leur manière en faveur d’une société plus inclusive.

Responsable de la mission handicap Edenred et présidente de l’association Hangagés

“En fait, je crois que je suis shootée au handicap !”. C’est avec ces mots que Sonia Otmani Mettidji résume son parcours. Et pourtant rien n’était gravé dans le marbre. La jeune femme suit une scolarité on ne peut plus normal jusqu’à 20 ans. Et là, elle perd la vue. “A l’époque, j’ai voulu prendre mon temps donc j’ai fait des études d’histoire et puis je me suis lancée dans la préparation de concours administratifs pour au final me rendre compte que ce n’était pas mon truc. En revanche, j’ai découvert le monde des RH et ça, ça me plaisait”, raconte-t-elle. La voilà partie pour un parcours en alternance à l’IGS. Et au détour d’un salon, coup de foudre professionnel pour Agathe Fossier, à l’époque responsable de la mission handicap de Bosch France. “Elle m’a rapidement rappelée pour me proposer de bosser avec elle sur la politique handicap. Au début, je fuyais ce sujet-là. Je me disais, “T’es handicapée, tu ne vas quand même pas aller travailler sur la politique handicap”. Et puis, à force d’échanger avec Agathe Fossier, j’ai compris que le handicap était abordé sous l’angle des compétences et qu’on ne serait pas au pays des bisounours”, se souvient Sonia Otmani Mettidji. La voilà donc embarquée sur le sujet chez Bosch. Un mariage et un enfant plus tard, elle postule chez Edenred France sans mentionner son handicap sur son CV. “Lors du premier entretien par téléphone, je n’ai pas craché le morceau. Et c’est en arrivant à l’entretien avec ma canne que pour eux, mon handicap est devenu effectif. Après un petit moment de flottement, l’entretien s’est déroulé normalement”, sourit-elle. Un pari osé mais un pari gagné puisqu’elle rejoint cette entreprise d’abord comme cheffe de projet puis responsable de la mission handicap. Là encore, pas question pour la jeune maman de faire les choses à moitié. “Ma vision du handicap est toujours à 360°. Donc évidemment, j’œuvre pour une politique d’emploi active sur le sujet mais aussi pour que nos produits et solutions soient handi accessibles”, illustre-t-elle. Pour cela, elle prend son bâton de pèlerin en formant les commerciaux maison. “Je leur apprends à dédramatiser le handicap et à humaniser les personnes handicapées comme des clients et des usagers. Et ça marche. En interne, beaucoup de salariés, et notamment des commerciaux, ont déclaré leur handicap ou ont fait de demandes de RQTH”, précise-t-elle enjouée.

En 2017, Sonia Otmani Mettidji a également accepté de reprendre la présidence de l’association Hangagés. Un réseau d’entreprises actives sur le sujet du handicap. “Notre rôle ? Tisser un réseau actif capables de répondre rapidement à des questions très pratiques de responsables de mission handicap. Grâce aux cotisations de nos entreprises adhérentes, nous portons également un projet annuel de formation ou de sensibilisation. Attention, rien à voir avec de la solidarité. Quand on finance un projet, on s’assure que derrière le public visé apprend vraiment quelque chose. On ne lâche pas des sous comme ça”, prévient-elle. On l’aura compris, Sonia Otmani Mettidji préfère l’action à la compassion. Dont acte.

Portrait écrit par

Sylvie Laidet