Avènement de l’IA ou l’absolue nécessité de la formation

Parfois apocalyptiques parfois rassurantes, les études sur l’avenir du travail face à l’automatisation des tâches sont légions.

Parfois apocalyptiques parfois rassurantes, les études sur l’avenir du travail face à l’automatisation des tâches sont légions.

Au-delà de de l’effet de mode voire de d’hystérie générale autour des prospections à ce sujet, un constat s’impose: l’Intelligence Artificielle est en phase d’intégrer tous les secteurs d’activité et comme lors des précédentes révolutions industrielles, les réfractaires n’y changeront rien. 

Face à ce constat inéluctable, la question n’est donc pas de comment freiner ou s’opposer à la transformation des métiers par les robots mais bien de savoir comment tirer profit de cette situation et comment intégrer l’ensemble des travailleurs à ce changement.

Selon le dernier rapport annuel sur les perspectives de l’emploi de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), publié le 25 avril dernier, 14 % des emplois dans les pays de l’OCDE sont susceptibles de disparaître (16,4 % en France) et 32 % pourraient être profondément transformés (32,8 % en France) par l’IA dans les prochaines années. Dans un entretien au journal le Monde, Stefano Scarpetta, Directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE estime qu’il est urgent d’« adapter le système scolaire aux nouvelles réalités, mais il faut aussi donner aux travailleurs des occasions de développer de nouvelles compétences par la formation tout au long de leur vie professionnelle ».

L’Observatoire OCM partage largement ce point de vue. La porte de salut pour nous autres travailleurs humains face à la montée de l’IA dans tous les secteurs d’activité réside bien selon nous dans une adaptation rapide du système scolaire et de la formation professionnelle aux modifications du travail.

Il convient d’anticiper l’impact de l’IA afin que cette dernière ne constitue pas un nouveau facteur de fracture sociale et distinction de classe. Ceci est d’autant plus nécessaire que les postes risquant le plus d’être remplacé par des robots sont ceux à faible niveau de qualification, occupés par des personnes qui reçoivent le moins de formation professionnelle. S’il n’est peut-être pas nécessaire que tous les élèves d’aujourd’hui, travailleurs de demain, sachent coder, un apprentissage numérique approfondi pour tous semble en revanche absolument nécessaire afin que le plus grand nombre puissent s’adapter aux évolutions de l’emploi. La même logique devrait s’appliquer en matière de formation professionnelle tout au long de la vie.

Métiers de demain non encore inventé, évolution rapide. Risque : déperdition de compétences.

Article du Monde