La précrastination ou l’action immédiate contre l’efficacité

La précrastination est la tendance à vouloir accomplir une tâche le plus rapidement possible, dès qu’elle se présente. Contraire de la procrastination, qui consiste à tout remettre au lendemain, la précrastination pousse à l’action immédiate, parfois même au détriment de l’efficacité et au prix d’un effort supplémentaire.

Qu’est-ce que la précrastination ?

Le terme a été introduit en 2014 par le professeur de psychologie David Rosenbaum. Son étude a mis en évidence ce comportement à travers une expérience simple : des étudiants devaient transporter un seau jusqu’à une ligne d’arrivée. Ayant le choix entre un seau proche d’eux (mais loin de l’arrivée) et un seau plus loin (mais proche de l’arrivée), la majorité a choisi le seau le plus proche, même si cela impliquait de le porter plus longtemps.

La conclusion est que l’être humain a tendance à vouloir commencer une tâche au plus vite pour alléger sa charge mentale, même si cela demande plus d’efforts. Le précrastinateur cherche à se débarrasser du stress que représente une tâche en suspens.

Comment se manifeste la précrastination au travail ?

Dans un contexte professionnel, la précrastination peut prendre plusieurs formes :

  • Répondre aux e-mails dès leur réception, interrompant le travail en cours.
  • Traiter immédiatement une nouvelle demande d’un manager, au détriment des tâches déjà planifiées.
  • Se précipiter pour rayer les missions d’une liste de tâches sans réelle priorisation.
  • Considérer que toutes les tâches sont importantes et urgentes.

Ce comportement est souvent le fait de personnes consciencieuses, perfectionnistes ou anxieuses.

Quels sont les risques ?

Si la précrastination peut sembler être une qualité, elle présente des inconvénients notables tant pour le salarié que pour l’entreprise.

Pour le collaborateur :

  • Stress et fatigue : La dispersion et le multitasking constant sont épuisants.
  • Sentiment d’inefficacité : En passant d’une nouvelle tâche à l’autre, beaucoup restent inachevées en fin de journée, ce qui génère de la frustration.
  • Baisse de la qualité : L’empressement empêche la prise de recul et la réflexion, ce qui peut mener à des choix hâtifs.

Pour l’entreprise :

  • Manque d’efficacité : Le précrastinateur n’est pas plus efficace qu’un autre collaborateur. Il donne l’impression d’être très occupé, mais avance peu sur les dossiers de fond.
  • Mauvaise gestion des priorités : L’énergie est consacrée à l’accomplissement de tâches immédiates plutôt qu’aux missions véritablement stratégiques.

Quel est le rôle du manager ?

La précrastination est plus difficile à déceler que la procrastination, car elle est socialement valorisée et perçue comme un signe d’implication. Le rôle du manager est donc crucial pour identifier ce comportement et aider ses équipes.

Un bon manager doit être à l’écoute et savoir repérer ce trouble de l’organisation du temps. La solution réside dans la mise en place de stratégies claires pour :

  • La planification et la gestion du temps : Aider les collaborateurs à hiérarchiser les tâches.
  • La gestion du stress : Identifier les sources d’anxiété qui poussent à cette urgence constante.
  • La communication : Définir clairement les priorités pour éviter que le collaborateur ne se sente obligé de tout traiter immédiatement.

En identifiant les précrastinateurs, le manager peut mettre en place un accompagnement pour améliorer leur bien-être et l’efficacité collective.