Dossier biais cognitifs | La Loi de Hofstadter

De son autre nom, loi du glissement de planning, ce principe du monde du travail théorise une réalité dont nous sommes témoin chaque jour : les projets prennent toujours plus de temps qu'estimé.

Le concept de biais cognitif a été développé dans les années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman (prix Nobel en économie en 2002) et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances menant à des décisions irrationnelles dans le domaine économique. De nombreux biais cognitifs ont depuis été mis en lumière par des économistes ou des psychanalystes dans le domaine du travail et l’environnement d’entreprise… Ce sont ces biais spécifiques que tous les acteurs du monde de l’entreprise connaissent auxquels nous allons ici nous intéresser…

De son autre nom, loi du glissement de planning, ce principe du monde du travail théorise une réalité dont nous sommes témoin chaque jour : les projets prennent toujours plus de temps qu’estimé.

La loi de Hofstadter énonce que, quelle que soit la durée prévue pour un projet, il ne sera pas rendu dans le délai imparti, et cela même en anticipant le retard. Tous les professionnels sont unanimes pour reconnaitre à ce principe une applicabilité quasi systématique. 

Parfois vécu comme un drame, parfois comme une fatalité, ce principe, dont l’évocation prête parfois à sourire, a cependant valu le Prix Pulitzer à l’universitaire Douglas Hofstadter pour son ouvrage Gödel, Escher, Bach : Les brins d’une guirlande éternelle (1979). Toute sa démonstration est fondée sur l’étude du temps nécessaire à la programmation d’ordinateurs capables de battre les humains aux échecs.

Selon Hofstadter : “Dans les premiers temps de la programmation des échecs, les gens avaient l’habitude d’estimer qu’il faudrait dix ans pour qu’un ordinateur (un programme) devienne champion du monde. Mais les dix ans passés, il semblait que le jour où l’ordinateur deviendrait champion du monde était encore dix ans plus loin”. C’est sur ce constat qu’il fonde sa théorie.

Ce que cette loi illustre, c’est la mauvaise évaluation du temps dont se rendent coupables tous les acteurs de l’entreprise, dans la majorité des cas, dans le cadre de la réalisation des projets. Les raisons de ce défaut d’évaluation sont multiples :

  • Des délais tout simplement impossibles à tenir édictés par des managers qui ne maitrisent pas les impératifs techniques ou organisationnels,
  • Des mêmes délais impossibles à tenir, mais cette fois-ci acceptés par des exécutants incapables, pour de bonnes ou mauvaises raisons, de faire entendre leur voix, 

L’Observatoire OCM prône depuis son origine la nécessité de donner à chaque acteur décisionnel ou exécutant, les moyens de mettre en commun connaissances et impératifs économiques et stratégiques par un dialogue interne horizontal, propice à plus de productivité, de sérénité, de responsabilisation et d’estime mutuelle.

La réalité de cette loi doit s’entendre en la combinant à celle Northchote Parkinson selon laquelle tout travail finit par occuper le temps qui lui est imparti. S’il est laissée une semaine à un collaborateur pour réaliser une quelconque tâche, celle-ci sera réalisée en une semaine, et si le délai est fixé à un mois, la tache prendra effectivement un mois… Ces réalités doivent être acceptées et combattues, non par l’autoritarisme d’un côté et la frustration de l’autre, mais par une collaboration constructive.

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Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable et constituent les premiers remparts contre les visions court-termistes, le downgrading et la standardisation. Notre objectif est d’établir un rapport humain authentique lors de l’élaboration et la réalisation de nos missions. Nous avons à cœur de nouer un lien de confiance et de transparence avec nos partenaires, vecteur de transformations durables et de changement en profondeur des modèles de communication et de management.